22 mai 2026
Exposition de l’oeuvre | Lundi 25 mai 2026 : 10h – 18h | Mardi 26 mai 2026 : 10h – 12h
Caen Enchères | 26 avenue de la Grande Plaine, 14760 Bretteville-sur-Odon
L’hôtel des ventes Caen Enchères présentera le 26 mai prochain Horizons (1968) d’Anna-Eva Bergman, œuvre issue d’une période charnière de sa production.
Dans les années 1960, l’artiste développe un langage très personnel fondé sur la simplification des formes et une relation directe à la nature. Elle privilégie le terme de “non-figuration” à celui d’abstraction et parle elle-même de “l’art d’abstraire”, une manière de transformer paysages, ciel ou mer en formes épurées.
Longtemps restée dans l’ombre de son compagnon Hans Hartung, Anna-Eva Bergman fait aujourd’hui l’objet d’un intérêt croissant, porté notamment par des études et expositions récentes, ainsi que par une relecture plus large de sa place dans l’histoire de l’art.
L’œuvre provient de la collection de Michel Seuphor, critique, historien de l’art et artiste majeur de l’art abstrait, qui a très tôt reconnu et admiré le travail d’Anna-Eva Bergman.
Signée du monogramme AEB, datée en bas à droite, titrée et datée au dos, l’œuvre mesure 61 × 46 cm. Elle est conservée dans une collection privée du Calvados après avoir appartenu à Michel Seuphor à partir d’août 1969.
ENTRETIEN AVEC L’EXPERT ERIC LEFEVRE
Quelle est l’importance de cette oeuvre au sein de la production d’Anna-Eva Bergman ?
Cette œuvre s’inscrit dans une période aujourd’hui particulièrement étudiée de la carrière d’Anna-Eva Bergman. Son travail bénéficie d’un intérêt renouvelé, porté par les expositions récentes et les études qui lui sont consacrées. Sa provenance renforce également son importance : Michel Seuphor, figure majeure de l’art abstrait, a très tôt reconnu la qualité du travail de Bergman et lui portait une réelle admiration.
Quelle place occupe Horizons dans le parcours d’Anna-Eva Bergman ?
La série Horizons, commencée en 1962, correspond à un moment essentiel de son travail. Elle y développe un langage fondé sur la simplification des formes et la recherche d’un essentiel. Les paysages norvégiens y occupent une place importante, et l’artiste se montre également attentive au travail de Mark Rothko, l’un des rares artistes contemporains qu’elle admire véritablement. Elle découvre ses œuvres à Paris en 1962, puis le rencontre à New York en 1964.
Comment définir le langage artistique d’Ana-Eva Bergman ?
Anna-Eva Bergman refuse le terme d’abstraction et lui préfère celui de non-figuration. Elle part du paysage (mer, ciel, nature) pour en proposer une forme simplifiée et synthétisée. Elle parle elle-même de “l’art d’abstraire”, insistant sur le lien entre création et observation de la nature. Ses formes
réduites à l’essentiel confèrent à ses œuvres un caractère universel. La ligne occupe également une place centrale dans sa démarche : elle la considère comme un élément fondamental de la peinture, une structure essentielle de la composition.
Peut-on imaginer une dimension contemplative dans son travail ?
Oui, son œuvre possède une dimension contemplative marquée, proche de la méditation et parfois teintée d’une forme de mystique. Les formes épurées et la structuration de l’espace donnent une impression d’immersion immédiate. Dans la série Horizons, la répétition des lignes horizontales renforce cette sensation de profondeur silencieuse et de stabilité.
Assiste-t-on à une évolution technique au cours des années 60 ?
À partir du début des années 1960, Anna-Eva Bergman utilise la peinture vinylique, qui lui permet de travailler plus rapidement et de renforcer la
présence de la lumière dans ses œuvres. Cette technique accompagne l’évolution de son langage pictural et contribue à la clarté ainsi qu’à la luminosité de ses compositions.
Quelle place occupe Anne-Eva Bergman aujourd’hui dans l’histoire de l’art ?
Anna-Eva Bergman occupe aujourd’hui une place importante dans l’histoire de l’art du XXe siècle. Longtemps restée dans l’ombre de Hans Hartung, elle bénéficie désormais d’un intérêt renouvelé. Ce regain d’attention est porté notamment par la rétrospective du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris en 2023, l’ouverture de la Fondation Hartung-Bergman près d’Antibes, ainsi que par des publications récentes, dont la biographie de Thomas Schlesser Anna-Eva Bergman. Vies lumineuses (2022), qui contribue à mieux comprendre son œuvre et son parcours.